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Festival d’Avignon 2009 - Le Liban, quelques photos et un chat volant Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Salle Benoît-XII . Deux artistes libanais, Lina Saneh et Rabih Mroué, nous parlent de leur pays aujourd’hui dans une tentative de réinventer le monde. 

 

Wajdi Mouawad nous parle d’un pays lointain, celui qu’il a quitté voilà presque vingt ans. Lina Saneh et Rabih Mroué évoquent le Liban d’aujourd’hui, partagé entre une coalition libérale et une coalition simili-religieuse. Entre ces deux fractions, rien. Ou pas grand-chose. Si. Deux êtres esseulés qui, par la magie du théâtre, vont se rencontrer. Directement inspiré d’Une journée particulière, d’Ettore Scola, Photo-Romance règle son sort à la campagne électorale en organisant, le même jour, à la même heure, au même endroit les meetings des deux camps. Alors Beyrouth se vide, tous les habitants étant convoqués aux manifestations. Reste Lina, dont on comprend qu’après son divorce, elle ne sort plus du domicile maternel qu’elle a réintégré par force. Et Rabih, journaliste communiste, viré de son travail. Rien ne laissait prévoir leur rencontre. C’est par l’entremise du chat de Lina, qui s’envole sur le balcon de son voisin, que tous deux feront connaissance. 

Du théâtre dans le théâtre 

Le dispositif est complexe et simple à la fois. Sur scène, les deux acteurs sont censés ne pas jouer. Elle venant proposer son texte à un type, lui, vaguement responsable à l’équivalent du ministère de la Culture au Liban. Un musicien, Charbel Haber, compositeur et interprète de la bande-son du spectacle, observe d’un oeil amusé la scène qui se déroule sous ses yeux. Sur l’écran qui trône au-dessus de ce petit monde, défilent des extraits du spectacle que Lina défend bec et ongles, un album photo, dont elle tourne les pages depuis un ordinateur, tandis qu’elle se fait récitante, commentatrice des images qui composent le récit de la pièce. Du théâtre dans le théâtre, quoi. 

Légèreté de situation 

Tout est séduisant, dans la forme, dans le propos. Il se dégage une espèce de légèreté de situation qui vient en contrepoint de la gravité de la situation politique. C’est astucieux, drôle. Un côté air du temps qui n’est pas pour déplaire mais qui amenuise, à son corps défendant, le propos. Car il est ici question, nous dit-on, d’interroger la gauche libanaise, son silence, son imperceptibilité, son incapacité à émettre une parole claire. 

Toute ressemblance avec ce qui peut se passer ailleurs, dans le monde ou en France par exemple, est purement fortuite. Ce qui intéresse nos deux acolytes ce n’est pas tant les dérives très droitières de leur pays que la vacuité de pensée de la famille politique située à gauche de l’ancien échiquier politique libanais. Or, ce qui manque cruellement à la pièce, c’est la dimension tragique du film. Pour le coup, le spectateur n’est pas en empathie avec les personnages, même s’il éprouve beaucoup de sympathie à leur égard. Et si l’on passe un agréable moment, pas sûr qu’il nous reste grand-chose à se mettre sous la dent après. 

 

16-07-09 (Humanité)

 
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